De l’objectivité de la Science 02/08/26

Une situation intriquée

Comme indiqué dans le livre « Vous avez dit Big Bang » les « connaissances » que nous avons de l’univers , sa composition (il est constitué d’un grand nombre de quelques types de particules élémentaires- essentiellement protons, électrons et neutrons) et même si on sait que les protons et neutrons sont constitués de quarks, c’est au niveau d’une autre brique fondamentale (l’atome neutre) que nous nous positionnons. Les possibilités d’assemblage sont régies par 4 interactions fondamentales (connues à ce jour) et, en particulier la structure de l’atome avec ses nuages d’électrons en couches permet une grande diversité d’assemblage conduisant à des molécules complexes comme celles du vivant.

Nous en faisons partie, puisque nous sommes , nous-mêmes, et le support de notre esprit, (le cerveau), un assemblage particulier de ces particules élémentaires.

On mesure alors le problème, comment un assemblage de particules (notre esprit matériellement, principalement, porté par notre cerveau et nos sens, matériellement portés par des organes connectés au cerveau qui nous permettent d’appréhender le monde peut-il « objectivement » décrire ce monde, ses objets et les lois qui les régissent, fait d’assemblages de ces mêmes particules et atomes dont il fait partie. On considère, alors, l’univers de l’intérieur, ce qui n’est pas la meilleure position pour en déterminer la structure globale, et des moyens (nous sommes une partie de ce monde qui est soumis à ces lois) qui sont contraints par la structure du monde qu’on cherche à décrire!

On conçoit qu’il y a des limites structurelles et qu’on peut mettre en doute l’objectivité de la connaissance qu’on en a.

C’est la combinatoire dans l’assemblage d’éléments identiques qui porte l’information.

Manifestement, comme les particules élémentaires sont toutes identiques c’est bien dans la combinaison de ces particules que se situe l’information décrivant l’univers, y compris pour nous mêmes. Un bout minuscule de l’univers (nous) s’attache à le décrire, ce qui revient à introduire de l’information sur l’univers dans notre structure informationnelle flexible, ce qui modifie sa configuration, et d’en avoir conscience, c’est à dire d’y accéder. Là aussi, on conçoit que des limites et contraintes inhérentes à cette structure soient incontournables, d’une part par la capacité d’incorporation d’information et sa stabilité, d’autre part par des biais liés à ce mécanisme sans doute incontournables.

L’objectivité de la connaissance en question

On attribue souvent un caractère objectif à la science sans vraiment prendre en compte celui qui la pense et comment. En fait le monde objectif, qui existe, sans doute puisque sans aucun doute nous existons, peut être assez différent de l’image (l’ombre) que nous en avons, même si dans beaucoup de cas notre interaction avec le monde physique, nous conforte dans la représentation qu’on en a.

L’allégorie de la caverne de Platon

Dans le cadre de l’allégorie de la caverne de Platon, les ombres (phénomènes, donnant une image de la réalité telle qu’elle nous apparaît dans notre monde « sensible », accessible par nos sens et notre esprit) d’une supposée réalité extérieure (les idées qui ne sont pas accessibles dans notre monde sensible), sont la représentation de l’univers à travers le filtre de nos sens et de notre esprit.

Bien entendu ces ombres ont une structure et une dynamique que nous observons et les lois que nous y associons peuvent parfaitement décrire et prédire la structure des ombres et leur évolution, ce qui nous donne l’illusion de maitriser une science prédictive et expérimentale.

La connaissance porte sur une ombre d’une supposée réalité

Mais les ombres ne contiennent pas toute l’information, par exemple la couleur ou sa géométrie (volume par exemple) et ainsi 2 ombres identiques peuvent représenter des objets très différents et la physique qu’en tirerait serait alors différente si on y avait accès.

Cela pourrait expliquer les limites conceptuelles de la science (très utile pour nous, il est vrai) qui se trouve dans cette bien étrange situation. Un assemblage de particule décrivant un monde de particule.

Pour couronner le tout, le fait de tenir ce genre de propos, une critique de notre manière de considérer et appréhender le monde, est aussi lui bien étrange.

On assiste à une réflexion sur nos réflexions, et on peut aussi faire une réflexion sur cela et possiblement de manière infinie.

A travers tous ces « filtres » on peut se demander ce qu’on peut voir d’une « réalité » supposée, même si , pour certains aspects la science montre son efficacité à un certain niveau. Par contre, de cette situation, cela semble mettre structurellement « hors de portée » ce qu’on pourrait appeler une connaissance totale de la nature.

Une critique du modèle standard de la cosmologie

Rappel du modèle standard

La théorie de la relativité générale (qui n’est qu’une théorie, il est vrai, mais qui est riche d’enseignements sur l’univers) nous enseigne que le caractère dynamique, résultant d’un feuilletage de l’espace-temps, n’est pas une propriété « externe » de l’univers, (l’univers n’a ni passé, ni présent, ni futur), mais résulte de ce feuilletage et peut, à ce titre être considéré comme une propriété interne particulière (liée au feuilletage fait).

Cette théorie suppose une « singularité initiale » le « Big Bang » qui a donné lieu à de nombreux débats sur ce qu’il y avait avant le big bang. Notons que s’il y avait quelque chose avant, cela ne fait que reporter le problème sur l’origine de ce prédécesseur. Une hypothèse souvent invoquée est celle d’un vide « quantique » qui se serait dissocié. Notons que cela impose que ce vide quantique devait avoir toutes les propriétés pour produire ce qui allait en résulter. En fait cette hypothèse n’apporte pas d’information puisqu’elle suppose qu’elle était déjà présente.

La conception relativiste synthétique

L’univers est considéré comme un espace-temps, une entité qui n’a pas besoin de se situer dans le temps et l’espace car un espace-temps est quelque chose de plus synthétique que l’espace et le le temps ainsi que toute combinaison des deux.

L’avantage dans cette conception c’est qu’on à pas besoin de s’intéresser à ce qu’il y avait avant, (ni pendant , ni après) puisque cela n’a pas de sens comme déjà évoqué.

Ici le critère est l’existence de cette espace-temps. Manifestement il existe et nous pouvons en attester par notre présence et notre conscience.

Si cela n’explique pas son existence, mais comme selon la philosophie existentialiste l’existence ne s’explique pas, elle se constate, elle a au moins l’avantage d’éliminer des pistes qui ne conduisent nulle part.