Introduction
Sur ce site, ( https://vous-avez-dit-bigbang.fr/), le thème de l’existence, de l’essence des choses, entre autres de l’univers et de nous-mêmes, et de notre position particulière par rapport à ce problème, puisque nous sommes « juge et partie », a été abordé dans plusieurs articles dans la rubrique « philosophie ».
Dans ces articles, nous reprenions largement des débats et des idées qui ont animé la sphère philosophique depuis qu’elle existe et même avant, à travers les religions.
Tautologies incontournables ?
Il est aussi apparu que nous nous heurtions à des tautologies, apparemment incontournables, puisque pour constater notre existence il faut exister et comme nous sommes une partie intégrée, à l’univers, cela implique son existence.
Une situation « autoduale »
Alors que nous sommes intégrés à l’univers notons que nous l’intégrons, par notre esprit qui le modélise, dans sa globalité, dans l’approche cosmologique.
C’est une propriété très particulière où le contenu est aussi le contenant. C’est notre conscience d’exister dans quelque chose que nous nous efforçons de modéliser qui permet cela.
Quelles implications?
Sur le constat indiscutable de notre existence, naturellement cela nous incite à nous interroger sur sa nature, de sa signification et aussi de son origine. Concernant l’origine de notre existence, elle est conditionnée par celle de l’univers, puisque notre substance matérielle est formée par les éléments fondamentaux de l’univers, sans lesquels nous n’existerions pas. Dans l’approche classique, temps et espace indépendants, on considère généralement l’existence de l’univers comme prédécesseur dans le temps et dans l’espace de notre existence.
Dans l’approche « espace-temps » de la relativité, où l’existence de l’univers ne se situe pas dans le temps et l’espace « classique », fondamentalement, cette notion de précédence n’existe pas car l’univers est le tout, les notions de précédence étant un caractère interne à cet espace-temps relevant d’un feuilletage temps et espace qui est arbitraire. Cela n’est pas aisé à admettre, mais stricto sensu c’est comme cela qu’on doit le considérer.
Le modèle cosmologique standard invoque un temps et un espace indépendant.
Dans une approche cosmologique chronologique, (théorie du Big Bang), où l’analyse se fait en termes d’espace et temps (l’univers apparait en un lieu donné à une date donnée et sa composante spatiale évolue dans le temps) , les connaissances que nous avons de la cosmologie (constitution et dynamique) et de l’évolution des espèces montrent que notre arrivée, avec sa conscience pour le penser, est très tardive, mais nous ne savons pas si, ailleurs et avant, d’autres formes évoluées de structures « pensantes avec conscience ou/et même encore plus performante » existent ou ont existé.
Ces hypothèses invoquent une « création » de l’univers alors que la notion de « création », (passer de rien à quelque chose) répulse notre esprit.
Notons que nous nous interrogeons sur l’émergence de l’univers (début de son existence) au moyen d’une de ses structures (notre conscience) déjà existante!
On saisit le caractère tautologique de la situation.
L’univers espace-temps dénoue -t-il ce nœud Gordien?
L’approche, suggérée par la relativité d’un espace-temps (où le temps et l’espace ne sont que des fantômes) est plus convaincante puisqu’elle décrit l’univers (on parle d’univers bloc) dans sa totalité « spatio-temporelle », qui nous inclut, et que dans ce cas on peut se dispenser de parler d’origine dans le temps et l’espace de l’univers et de notre apparition tardive, qui n’ont pas de caractère physique., puisque tout cela fait partie de l’univers défini comme le tout (dans toute son extension spatiale et temporelle en langage newtonien). Dans cette approche seule l’existence d’un espace-temps se pose, le reste, dont l’évolution n’est relatif qu’a une structure interne à cette espace-temps.
Cette analyse, invoquée par la relativité générale, théorie bien vérifiée par l’expérience, même si nous savons qu’elle n’est pas parfaite et appelée à être améliorée, parait plus appropriée à l’analyse du problème.
Nous y trouverons sans doute des limites, car il est douteux que nous puissions, un jour, trouver une théorie ultime parfaite, mais au moins leur nature nous renseignera de manière plus précise sur notre condition dans cet univers.
Une première conclusion que nous proposons dans notre analyse est de constater que toute analyse de notre existence en termes d’espace et de temps est erronée et ne peut que nous égarer.
Ceci nous dit ce qu’il ne faut pas faire, mais pas comment aborder le problème et même si quelques pistes sont tracées l’approche est ardue car rebelle à nos habitudes de pensée. Quelques éléments de réflexion.
Principe fondamental pour une analyse débarrassée des concepts de temps et d’espace inhérents à notre pensée.
1-L’existence ne peut pas être pensée comme quelque chose qui serait apparu dans le temps et l’espace. Comme déjà stipulé, l’existence, celle de l’univers, la nôtre, n’a pas de de prédécesseur, ce terme étant utilisé au sens formel « mathématique », le plus général, pas seulement limité dans le temps et l’espace. Rien n’a impliqué l’existence elle ne résulte de rien d’autre!!
Cette affirmation, résolument existentialiste, impose que toute analyse sur notre existence doit respecter cette hypothèse.
2-L’existence implique une conscience pour la constater. Ainsi nous devons considérer un univers « bloc » incluant ce qu’on appelle habituellement (par erreur), toute son « extension spatiale et temporelle, y compris une conscience pour penser l’univers. Autrement, nous serions obligé de considérer que l’existence de l’univers (nous incluant) commence avec l’émergence de notre conscience.
3- à suivre..
Annexe – Remue-méninge, (Brain-Storming)
Dans ces compléments, qu’il faut considérer comme de pures réflexions spéculatives (voire élucubrations, à ne pas trop prendre au sérieux), essayons de dénouer ce nœud gordien.
L’objectif de cet article, conformément à la philosophie, n’est pas de prétendre révéler une « vérité », mais de stimuler une réflexion de la part du lecteur sur ces thèmes afin qu’il se forge sa propre opinion.
Nous verrons comment dénouer ce nœud gordien pourrait être résolu, sans recourir à la méthode radicale d’Alexandre.
Première élucubration
Supposons une entité qui nous transcende (Dieu par exemple) qui a créé l’univers et nous-même. Notons qu’en général on suppose implicitement que ceci a été fait, en un lieu donné et à un temps donné.
Ceci est le point de vue d’un humain, mais on peut supposer que le divin, qui a des pouvoirs que nous ne pouvons même pas imaginer, a créé l’univers dans sa totalité, sans ces contingences : L’univers est une entité indissociable dans son existence.
Soulignons que cela est plus cohérent avec les concepts modernes de la cosmologie, puisque cela correspond au concept d’espace-temps de la relativité générale, entité également indissociable (indécomposable en éléments fondamentaux) dont le temps et l’espace ne sont que des ombres (apparences), qui n’a besoin de rien d’autre que lui-même pour exister.
Soulignons que les décompositions en espace et temps réalisés par feuilletage de l’espace-temps ne dérogent pas cette règle, car elles sont totalement arbitraires et ne correspondent à aucun partage structurel. Elles ne peuvent être utiles que d’un point de vue opératoire (pour faire des calculs).
Dans ce contexte, la notion de création, en un lieu et à un temps est inutile, voire impossible, puisque l’entité espace-temps, qui est plus que le temps et l’espace qui n’en sont que des apparences, ne peut pourrait pas émerger du temps et de l’espace qui sont des structures plus pauvres.
On pourrait objecter que, dans cet espace et ce temps, il existait une structure plus élaborée (espace-temps par exemple), mais cela ne résout pas le problème, il ne fait que le reporter.
En général, on suppose que cette entité divine qui nous transcende a créé l’univers, qui est très complexe, rien que pour nous, alors que nous en occupons, du moins matériellement, une place insignifiante.
Si on prend on compte notre esprit la situation peut être estimée différemment, mais notre esprit considère qu’on aurait pu faire plus simple pour arriver jusqu’à nous. Le Soleil avec la Terre auraient suffi et la chaine de l’évolution de la vie sur Terre aurait pu être évitée, par exemple.
Ceci peut naturellement être contesté car n’oublions pas c’est notre esprit, avec ses limites et contraintes, qui trouve le scénario complexe, alors considéré synthétiquement comme un seul bloc, il peut en être autrement.
C’est en décomposant arbitrairement l’entité en temps et espace, en brisant l’unité de l’univers, qu’on introduit cette complexité en générant une histoire et une nature de l’univers. Cette complexité ne serait alors qu’un artefact lié à la limite de notre pensée.
Deuxième élucubration : des tautologies
Comme indiqué dans l’introduction, dans l’analyse, nous nous heurtons à des tautologies qui témoignent d’une stérilité de nos raisonnements.
Notamment la notion d’existence qui impliquerait la nécessité d’une création, concept auquel notre esprit est rebelle : Quelque chose ne peut pas émerger de rien !
Rien ne prouve que ce soit impossible. Comme on n’a jamais observé ce phénomène, cette attitude résulterait d’habitudes de pensée, car notre esprit est contingent de son environnement et de son expérience.
Rappelons comment les théories modernes (relativité-mécanique quantique) ont balayé bon nombre de certitudes qu’on tenait pour intangibles.
Si on accepte qu’une création, telle qu’elle est définie, peut exister, alors ce gordien disparait. Nous ne l’avons pas dénoué, mais nous soutenons qu’il n’est qu’un artefact de notre esprit et n’a pas caractère universel.
Troisième élucubration : notre place dans l’univers
De par notre situation intégrante, de la modélisation nécessaire dans notre esprit du fait cosmologique, nous cherchons à définir notre place dans l’univers en nous positionnant comme existant en tant qu’entité libre et indépendante de cet univers, même si nous admettons en subir les contraintes matérielles.
Une autre hypothèse serait que la seule entité qui existe vraiment c’est l’univers et que nous serions, en son sein, qu’un « organe » fonctionnel n’ayant qu’un rôle limité mais utile parmi bien d’autres.
Par exemple nous pourrions avoir le rôle de donner une conscience à l’univers.
Reste à déterminer l’importance et la criticité de ce rôle [1]. Un univers sans conscience, où aucune conscience, qui serait interne, (nous ne considérons pas une conscience externe, car l’univers étant le tout elle ne peut être qu’interne), ne pourrait constater son existence, peut-il exister ?
La conscience fait-elle partie des attributs nécessaires [2], ou confère-t-elle un avantage, pour un univers ?
Quatrième élucubration : Que conclure de tout cela ?
Nous laissons, à chacun, le choix de tirer sa propre conclusion.
[1] Pour faire un parallèle avec un humain, nous savons, qu’entre autres, notre métabolisme nécessite des bactéries dans notre intestin pour assimiler la nourriture. Serions-nous dans une situation de ce type vis-à-vis de l’univers ?
[2] Cette notion de nécessité d’une conscience en physique est reprise par Wigner qui en mécanique quantique considère que lors d’une mesure quantique, dont le résultat ne peut être qu’une valeur propre, c’est au moment où le physicien prend connaissance de ce résultat que le résultat de l’expérience existe. On pourrait dire que l’idée est qu’un résultat qu’on ne peut pas prédire reste non réalisé par une expérience tant qu’il n’est pas connu. Mais cela va plus loin, en théorie de l’information si cette information est perdue, du fait du principe de conservation de l’information, cette information doit ne pas avoir existé.