La difficulté vient du fait que notre esprit, avec lequel nous tentons de comprendre le monde, et ainsi notre existence, et nos sens, avec lesquels nous sommes une entité physique de ce monde qui comporte un degré de liberté appelé le le temps, orienté, qui est le paramètre dynamique et une extension dans un espace à 3 dimensions, présentant 3 degrés de liberté, évoluant en fonction du paramètre dynamique qui est le temps.
Cela suggère que notre esprit, dont le support matériel, est contraint par ces lois, ne puisse pas s’en extraire, du moins totalement.
Pourtant, quand nous étudions l’univers, avec notre esprit et ses contraintes, la relativité nous montre que ces notions de temps et d’espace n’ont pas de caractère physique mais ne sont que des apparences d’un concept plus synthétique: l’espace-temps.
Puisque l’univers, dont nous faisons partie, a une structure d’espace-temps que nous savons analytiquement décrire, même si notre esprit ne peut pas le synthétiser, il semble que ce serait, en raisonnant en termes d’espace-temps seulement, oubliant temps et espace, que nous devrions conduire notre analyse.
L’image devrait être plus synthétique et nous orienterait, sans doute, vers une interprétation différente de notre compréhension de l’univers et de notre destin.
Ainsi le schéma temporel de notre existence solidaire de celle de la création, de l’évolution et éventuellement de la fin de notre univers est isomorphe de celui de l’existence de l’humain, ce qui est caractéristique d’un anthropomorphisme « naïf » flagrant.
La même approche en termes d’espace-temps nous lie à l’univers de manière plus structurelle car nous en faisons partie: l’existence de l’univers inclut la nôtre, non pas de manière temporelle mais structurelle. Son évolution est alors une propriété résultant du fait qu’on le décrit en termes d’espace et de temps (et non pas d’espace-temps) conformément à notre ressenti subjectif dans notre conscience d’exister: nous utilisons nos concepts « sensibles » pour décrire un univers, que pourtant la même conscience, par les mathématiques et la théorie, reconnait qu’il n’est pas correctement descriptible en termes d’espace et de temps.
Notons que certaines cosmologies nordiques, l’image du serpent qui se mord la queue suggère une autre hypothèse pour expliquer la cosmologie celle de la boucle. En effet une description « linéaire » (par une ligne d’univers non fermée) suggère une origine et une fin qui peuvent être repoussée à l’infini. La physique n’aime pas l’infini, mais encore faut-il préciser de quelle manière on le considère.
Le modèle standard de la cosmologie situe « l’origine (le big bang) » de l’univers à 13, 7 milliards d’années (une valeur finie, en temps cosmologique lié à la métrique de Robertson-Walker) dans notre passé. Mais on sait que dans notre temps actuel ce big bang est repoussé à l’infini de notre passé ce qui veut dire que quels que soient les instruments dont nous disposerions qui s’affranchiraient de toutes les contraintes limitant notre vision dans le passé nous ne verrions jamais le big bang en un temps fini. On voit que la notion d’infini est à considérer avec circonspection.
La boucle spatiotemporelle est intéressante au niveau conceptuel. En relativité générale il existe des solutions mathématiques, (trous noirs de Kerr par exemple) qui comportent des régions dans l’espace où des boucles temporelles sont possibles) On part d’un point A de coordonnées x0, y0, z0, t0 et en suivant une ligne d’univers de type temps (le temps propre croît continument le long de cette ligne d’univers) on arrive au même point A.
A supposer que ces solutions aient un caractère physique, où que cela ne nécessite pas des ressources hors de portée, en énergie par exemple comme les calculs le montrent voir Trous noirs de Kerr et machines temporelles) cela ouvre des perspectives intéressantes.
Mais pour aller dans le passé il faut exister dans son présent.
Si on voyage sur une ligne d’univers en boucle de type temps chaque point de la boucle a été notre présent: nous sommes toujours dans notre présent et nous vieillissons en fonction de notre temps propre qui balise la boucle !
En relativité générale avec de l’énergie négative on peut voyager dans le passé, mais il faut bien comprendre que ce que cela veut dire. C’est une boucle dans l’espace-temps, une structure peu commune mais qui n’engendre pas, a priori, de création.
On connait les paradoxes temporels: si dans le passé, on tue son père avant notre conception, cessons nous d’exister?
L’histoire habituelle dit oui, mais une des caractéristiques des boucles temporelles est qu’elles violent la causalité, alors, si c’est non, cela remet en cause l’histoire habituelle ce qui, par ailleurs, assurerait une meilleure « stabilité » à l’histoire de l’univers et pourrait être pris en compte en introduisant des multivers.
à suivre…